Symbole de la Creation
Ses racines plongent dans le sol, ses branches s’élèvent dans le ciel ; l’arbre est donc universellement considéré comme le symbole des rapports qui s’établissent entre la terre et le ciel. Il possède de ce fait un caractère central, à tel point que l’Arbre du monde est synonyme d’Axe du monde. Il met en communication les trois niveaux du cosmos : le souterrain, par ses racines plongeant dans les profondeurs de la terre, la surface de la terre, par son tronc et ses premières branches ; les hauteurs, par ses branches supérieures et sa cime, attirées par la lumière du ciel. Il relie ainsi le monde chtonien ou souterrain et le monde ouranien ou céleste. Des reptiles rampent entre ses racines, des oiseaux volent dans sa ramure. Les quatre éléments se retrouvent en lui : l’eau circule dans sa sève, la terre s’intègre à son corps par ses racines, l’air nourrit ses feuilles et le feu jaillit de son frottement.
Cette image du lien entre Ciel et Terre a souvent été reprise par la philosophie et la méditation spirituelle : l’arbre est alors le symbole de la création tout entière, du macrocosme ou grand univers, mais il est aussi symbole de l’homme, considéré comme univers miniature ou microcosme. En ascension vers le ciel, l’arbre est symbole de verticalité.
Les nombreuses interprétations symboliques de l’arbre s’articulent autour de l’idée du Cosmos vivant en perpétuelle régénérescence. Le déroulement de son cycle annuel l’associe tout naturellement à la succession de la vie, de la mort et de la résurrection. L’arbre est symbole de la vie en perpétuelle évolution.
Il faut aussi signaler le symbole particulier de l’arbre inversé qui pointe ses racines vers le ciel et déploie sa ramure sur la terre, que l’on trouve aussi bien dans les plus vieux textes de l’Inde (Rig-Véda) que dans l’imagerie alchimique. L’arbre indique dans ce cas l’origine céleste de l’homme et l’invite, en se libérant de ses attaches terrestres, à redécouvrir en lui, derrière le voile de l’illusion, ce ciel intérieur qui participe par essence du ciel divin lui-même.
L’arbre dans l’historie de religions
On trouve chez presque tous les peuples anciens des arbres sacrés, soit réels, soit idéalisés et élevés au rang de symboles cosmiques. Dans les religions naturelles les plus anciennes, les arbres étaient considérés comme des êtres véritables habités par des esprits de la nature, nymphes ou elfes, possédant leur propre âme et avec lesquels l’homme entretenait une relation particulière.
L’arbre cosmique est souvent représenté sous la forme d’une essence particulièrement majestueuse. Ainsi, le chêne des Celtes, le tilleul des Germains, le frêne des peuples scandinaves, l’olivier de l’orient islamique, le mélèze et le bouleau de Sibérie, tous arbres remarquables par leur longévité et leurs dimensions.
L’arbre, axe du monde, est celui autour duquel s’assemble le cosmos ; ainsi le frêne Yggdrasil chez les Germains du Nord ou encore l’arbre sacré Ceiba ou Yaxché des Mayas du Yucatan, qui pousse au centre du monde et porte les couches du Ciel. On trouve la même idée avec l’arbre Kien-mou des Chinois qui touche, par ses branches et ses racines, aux cieux et aux sources souterraines où se cache la mort.
Pour les Bouddhistes, l’arbre de la Boddhi, à l’ombre duquel Gautama Bouddha reçut l’illumination est le symbole du grand Eveil. L’Egypte ancienne vénérait les sycomores où la déesse Hathor puisait une boisson et une nourriture qu’elle donnait aux morts, ou plus exactement à leurs âmes. Le dieu sumérien de la végétation Dummuzi ou Tammuz) était adoré comme arbre de la vie.
L’association de l’Arbre de Vie et de la manifestation divine se retrouve dans les traditions chrétiennes. Il existe une analogie entre l’arbre de la première alliance, l’arbre de vie de la Genèse et l’arbre de la croix u arbre de la Nouvelle Alliance, qui régenère l’homme.
L’arbre-ancêtre deviendra l’arbre généalogique. Citons le fameux arbre de Jessé qui symbolise la chaîne des générations dont la Bible résume l’histoire et qui culmine avec la venue du Christ.
La symbolique psychologique de l’arbre
La comparaison entre l’homme et l’arbre a, semble-t-il, toujours existé ; soit l’homme se transforme en arbre ( comme Daphné, l’amante d’Apollon, qui fut transformée par lui en laurier) , soit l’arbre se transforme en homme ou en femme. L’arbre est toujours ambivalent et il ne faut donc pas s’étonner de le trouver alternativement doté d’une essence féminine et masculine. Au-delà de la division facile qui fait de son tronc un symbole du phallus et de son intérieur, ou des cavités qui s’y creusent, une image de la matrice, l’arbre était du genre féminin dans la langue latine avant d’évoluer et de devenir du genre masculin au Moyen Age dans les langues romanes qui ont succédé au latin. C’est ainsi que l’arbre double, à la fois phallus et matrice, symbolise le processus d’individuation au cours duquel les contraires en nous s’unissent.
L’arbre est aussi considéré comme une image de l’androgyne ou hermaphrodite initial. Il est lié à l’athanor des alchimistes, matrice où s’opère la gestation de l’or philosophal.
Les principaux symboles associés à l’arbre sont ceux de la croix et de la montagne.
source: c'est ici
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